Journées POLEPHARMA de Microbiomique - 1e édition

9 & 10 avril 2019 à l'UFR SANTÉ - Université de Rouen

Actus et Presse

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11 avril 2019
// Les Journées POLEPHARMA de Microbiomique 1e édition : Lancement d'une nouvelle dynamique de réflexions autour de la recherche translationnelle française en microbiomique

Les Journées POLEPHARMA de Microbiomique ont accueilli près de 150 participants à l’Université Rouen Normandie les 9 et 10 avril 2019. En proposant un concept innovant, réunissant sur deux jours académiques et industriels de renommée internationale, cette 1ère édition a mis en lumière l’important potentiel de la France en matière de recherche sur le microbiote.

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11 mars 2019
// Rencontre avec Pierre Rimbaud, cofondateur d’Enterome, et membre du comité de programmation des  Journées POLEPHARMA de Microbiomique

« La France reste une des nations les plus actives pour faire avancer la science des microbiotes, ou microbiomique, et ses applications. Elle a été l’une des premières à développer les nouveaux outils de la microbiomique et à faire éclore des start-ups ambitieuses dans ce domaine (Enterome, MaaT pharma, TargEDys, Indigo therapeutics, NextBiotix, Eligo Bioscience, LNC Therapeutics, Pherecydes Pharma…), sans compter nos nombreuses entreprises spécialisées depuis plus longtemps dans la production de probiotiques et prébiotiques. » 

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8 mars 2019
// Biotech Finances est partenaire des Journées Polepharma de Microbiomique

Biotech Finances est partenaire des Journées Polepharma de Microbiomique. 
 
Retrouvez leur numéro spécial 100% Microbiote gratuitement en cliquant ici.

19 février 2019
// Rencontre avec Pascal Fruit, Vice-Président Global Portfolio Managament de Mayoly Spindler et membre du comité de programmation des  Journées POLEPHARMA du Microbiote

« Plus je travaille sur le microbiote, et entre autres sur l’axe intestin cerveau, chez Mayoly Spindler, plus je me rends compte que notre cohabitation avec les bactéries est incroyable. Et nous n’en sommes qu’aux balbutiements dans nos connaissances – nous ne percevons que la pointe de l’iceberg. Les développements à venir sont importants, spectaculaires et aussi excitants. Le microbiote constitue, pour le passionné de l’infectiologie de trente ans que je suis, la plus grande révolution depuis Darwin. » 

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4 janvier 2019
// Rencontre avec le Professeur Pierre Déchelotte, Président des Journées POLEPHARMA du Microbiote

Pierre Déchelotte est Gastroentérologue, professeur de nutrition à l’Université de Rouen et chef du Département de Nutrition du CHU de Rouen. Au sein de la Faculté de médecine et pharmacie, il dirige l’unité mixte de recherche Université / INSERM U1073 qui travaille sur l’axe « Microbiote, Nutrition, Inflammation, et Dysfonction de l’axe intestin cerveau » et ses implications dans le domaine des pathologies digestives et nutritionnelles. 

Qu’est-ce que le « microbiote » aujourd’hui ? Comment expliquer l’engouement pour ces microorganismes actifs sur la santé ? Où en sont les développements actuels ? 

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26 novembre 2018
// SAVE THE DATE : les Journées POLEPHARMA de Microbiomique, les 9 et 10 avril 2019

Avec les Journées du Microbiote, POLEPHARMA réunira les acteurs académiques et privés ayant un intérêt dans le développement d’applications thérapeutiques du microbiote, autour de deux journées rythmées par des conférences, des tables rondes et des plages horaires dédiées aux networking et à l’espace « posters scientifiques ».

Contacts presse

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Claire BOUFFARD

Assistante Communication et Affaires publiques et Relations presse POLEPHARMA
Tél. 02 37 20 25 00 – claire.bouffard@polepharma.com

Capucine SARRADE-LOUCHEUR

Responsable Communication POLEPHARMA
Tél. 02 37 20 24 24 – capucine.sarrade-loucheur@polepharma.com

 

8 mars 2019
// Rencontre avec Pierre Rimbaud, cofondateur d’Enterome, et membre du comité de programmation des  Journées POLEPHARMA de Microbiomique

 

« La France reste une des nations les plus actives pour faire avancer la science des microbiotes, ou microbiomique, et ses applications. Elle a été l’une des premières à développer les nouveaux outils de la microbiomique et à faire éclore des start-ups ambitieuses dans ce domaine (Enterome, MaaT pharma, TargEDys, Indigo therapeutics, NextBiotix, Eligo Bioscience, LNC Therapeutics, Pherecydes Pharma…), sans compter nos nombreuses entreprises spécialisées depuis plus longtemps dans la production de probiotiques et prébiotiques. 

Parmi les controverses sur le sujet des microbiotes ces dernières années, beaucoup sont entretenues par une méconnaissance des avancées régulières dans ce domaine. En abordant chaque année quelques aspects d’actualité, les Journées Polepharma du Microbiote permettront de faire à Rouen un point sur les acquis concrets et les progrès attendus.» 

« La France est un pays pionnier et innovant dans la science des microbiotes »

Un immense progrès accompli sur la dernière décennie est l’avènement de la science des microbiotes, ou microbiomique. Il s’agit de la découverte que tout être vivant est dépendant de populations spécifiques de micro-organismes, beaucoup plus complexes et plus importantes qu’on ne le pensait.

La science des microbiotes 

De toutes nouvelles techniques d’exploration du monde microbien ont permis aux chercheurs en microbiologie de mettre au jour les mécanismes d’interaction d’un microbiote (fait de bactéries et archées, virus et phages, champignons et protistes) avec son hôte animal ou végétal. Idéalement, cette interaction réalise une symbiose, c’est-à-dire un état stable qui profite à l’hôte autant qu’aux microorganismes qu’il abrite. En cas de perturbation de cet équilibre par des facteurs exogènes ou endogènes, s’installe un état de dysbiose caractérisé par une perte de fonctions utiles qui peut se révéler transitoire ou pérenne.

En rassemblant de nombreuses techniques permettant de caractériser et de comprendre les phénomènes de symbiose, la microbiomique est devenue une discipline majeure dans d’innombrables domaines - de la santé humaine et animale à l’agronomie et l’écologie. La plus performante méthode d’analyse des microbiotes est aujourd’hui la métagénomique en shotgun, basée sur le séquençage de tout l’ADN extrait d’un échantillon biologique. De nombreuses autres méthodes sont néanmoins sollicitées : métabolomique, protéomique, transcriptomique, phylogénétique ribosomale, métagénomique fonctionnelle ou encore culturomique…  

D’immenses progrès analytiques

Ce que l’on a observé dans les travaux et publications sur les microbiotes depuis une quinzaine d’années, c’est beaucoup de bruit et très peu de signaux réellement interprétables. Surtout, les résultats obtenus n’étaient pas reproduits, et le plus grand nombre ne provenaient que de travaux sur des souris de laboratoire ! Mais la recherche prend aujourd’hui un sens nouveau avec l’expérience accumulée, l’accroissement considérable des données disponibles, notamment en clinique humaine, et la performance accrue des moyens d’analyse bio-informatique. Dans les meilleurs centres, les analyses microbiomiques sont à présent plus fiables et plus reproductibles, et les biostatisticiens savent en extraire des signaux pertinents. Grâce à une quasi standardisation et de meilleurs contrôles de qualité, on s’approche d’une banalisation de la métagénomique,ce qui laisse augurer qu’elle puisse bientôt être utilisée en pratique courante – notamment médicale.  

La mission d’Enterome, créée en 2012, est précisément d’utiliser les outils métagénomiques les plus avancés pour identifier les bactéries intestinales impliquées dans un grand nombre de processus pathologiques, afin de développer des médicaments actifs sur les interactions immunitaires et métaboliques en cause. 

Vers une nouvelle ère de recherche translationnelle

Avec à peine 15 ans d’âge, la microbiomique est une science jeune qui promet plusieurs décennies de progrès à venir. Nous devons donc rester conscients du risque d’emballement que suscite toute science nouvelle, mais aussi de l’importance des progrès accomplis. Le but des Journées Polepharma de Microbiomique qui se tiendront à Rouen, en Normandie, est de reconnaître les facteurs d’incertitude autant que de mettre en évidence les acquis, car nous entrons d’ores et déjà dans une nouvelle ère de recherche translationnelle et d’applications,qui dépassent le stade de la recherche fondamentale.

Un fait majeur est que la recherche clinique est désormais très active et laisse réellement entrevoir beaucoup de nouvelles possibilités thérapeutiques. Il ne fait aucun doute que la France, avec le soutien d’investisseurs avisés, est bien placée pour imposer sur la scène internationale des champions européens de la microbiomique et de ses applications médicales en particulier. Le potentiel dans ce domaine est bien loin d’être épuisé ! 

Propos recueillis par Marion BASCHET-VERNET 

 

19 février 2019
// Rencontre avec Pascal Fruit, Vice-Président Global Portfolio Managament de Mayoly Spindler et membre du comité de programmation des  Journées POLEPHARMA du Microbiote

« Plus je travaille sur le microbiote, et entre autres sur l’axe intestin cerveau, chez Mayoly Spindler, plus je me rends compte que notre cohabitation avec les bactéries est incroyable. Et nous n’en sommes qu’aux balbutiements dans nos connaissances – nous ne percevons que la pointe de l’iceberg. Les développements à venir sont importants, spectaculaires et aussi excitants. Le microbiote constitue, pour le passionné de l’infectiologie de trente ans que je suis, la plus grande révolution depuis Darwin. » 

« Polepharma souhaite fédérer l’écosystème du microbiote autour de la qualité pharmaceutique pour prendre le leadership en Europe »

Mieux accompagner

Dans des laboratoires pharmaceutiques, la masse d’informations sur le microbiote est aujourd’hui presque plus étudiée par des bioinformaticiens que par des bactériologistes. Des laboratoires de recherche et des biotechs travaillent également sur des nouvelles souches constituant de futures générations de probiotiques, les « Live Biotherapeutic Products (LBP) ». D’autres travaux de recherche mettent l’accent sur une meilleure efficacité des traitements médicamenteux grâce à l’analyse du microbiote, en particulier en oncologie.

Chez Mayoly Spindler, nous avons choisi de nous spécialiser sur le microbiote intestinal parce que la gastro entérologie est notre cœur de métier que c’est le microbiote sur lequel les connaissances sont les plus avancées et les applications sont les plus documentées scientifiquement. Nous développons une expertise en interne mais aussi partenariale, auprès notamment les conseils d’équipes universitaires comme celles de la Mac Master University à Hamilton (Ontario, Canada) ou encore de l’INRA à Jouy-en-Josas (Ile-de-France).

En 2018, nous avons commercialisé un complément alimentaire à base de souches microbiotiques très important dans la prise en charge du syndrome de l’intestin irritable. L’originalité de notre approche a été de sélectionner des souches microbiotiques capables d’apporter des bénéfices significatifs sur la qualité de vie, dimension particulièrement touchée par cette affection. Début 2019, nous allons mettre à disposition un nouveau complément alimentaire à base de souches microbiotiques par voie orale en dermatologie.

L’approche complémentaire innovante qu’offrent les probiotiques est une chance immense de mieux prendre en charge les patients à l’avenir, même si nous n’avons jusqu’ici qu’effleuré la surface du sujet.

Eclairer la voie et donner de la visibilité

Sans nier les problématiques et les nombreuses inconnues qui demeurent à ce stade à travailler sur du « vivant », Polepharma propose de porter un nouveau regard sur le marché des probiotiques parfois décrié, et qui souffre aujourd’hui de plusieurs faiblesses :

  • les compléments alimentaires sont destinés à des sujets sains, sont régulés par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et peuvent avoir des allégations santé si elles sont démontrées et les LBP sont destinés à des sujets malades et régulés par l’Agence européenne du médicament (EMA)
  • un manque de connaissance des professionnels de santé en général lié à une formation insuffisante et à une communication parfois ambiguë
  • le manque aussi d’une information fiable et fondée dans l’intérêt des consommateurs à l’heure d’Internet et de la transparence

En l’absence d’une législation adaptée, les acteurs tendent à être soumis de manière excessive aux règles de la concurrence, au détriment de leurs missions spécifiques. Tout cela complexifie énormément la donne et ralentit les progrès.

En raison de la rapidité des évolutions et du manque de lisibilité, c’est à nous industriels de la pharma d’éclairer la voie et d’accompagner les changements qualitatifs qui seront demain sources de reconnaissance sur la valeur des produits, en engendrant aussi de nouvelles opportunités industrielles sur notre territoire.

Prendre le leadership

L’enjeu des Journées Polepharma de Microbiomique est d’avancer dans la structuration du secteur, en bonne intelligence avec les autorités de santé (EFSA, ANSM, EMA, …), pour répondre à une demande forte de pédagogie à tous les niveaux : industriels, producteurs, start-ups, académiques, et patients. La priorité est de mettre l’accent sur la communication, la transparence, et de rassurer aussi. Nous mettrons en lumière des développements indiscutables et prometteurs menés par les laboratoires pharmaceutiques et les biotechs français qui ont la capacité de prendre le leadership sur le marché en Europe. Il y a urgence à rétablir l’image de la qualité pharmaceutique pour faire basculer les probiotiques dans la reconnaissance et « l’évidence ».

Propos recueillis par Marion BASCHET-VERNET 

 

4 janvier 2019
// Rencontre avec le Professeur Pierre Déchelotte, Président des Journées POLEPHARMA du Microbiote

Pierre Déchelotte est Gastroentérologue, professeur de nutrition à l’Université de Rouen et chef du Département de Nutrition du CHU de Rouen. Au sein de la Faculté de médecine et pharmacie, il dirige l’unité mixte de recherche Université / INSERM U1073 qui travaille sur l’axe « Microbiote, Nutrition, Inflammation, et Dysfonction de l’axe intestin cerveau » et ses implications dans le domaine des pathologies digestives et nutritionnelles. 

  

Qu’est-ce que le « microbiote » aujourd’hui ?

Le microbiote, au sens général, vise l’ensemble des micro-organismes (bactéries, champignons, levures, virus…) qui cohabitent avec notre organisme, participant à la protection de notre santé humaine. Le microbiote intestinal draine aujourd’hui le plus d’intérêt, et c’est dans ce domaine que la recherche clinique est la plus avancée. Mais la recherche progresse aussi sur le microbiote respiratoire, cutané, ou encore vaginal, s’intéressant à l’ensemble des zones de contact de notre organisme avec l’environnement. Des données récentes ont mis en évidence que le microbiote joue un rôle important dans la régulation de nos modes de fonctionnement, nos métabolismes et les fonctions de notre organisme. Celui-ci constitue en quelque sorte un organe à part entière, régulateur, aussi important que nos glandes endocrines et notre système nerveux.

Comment expliquer l’engouement pour ces microorganismes actifs sur la santé ?

La prise de conscience est relativement récente au sein des biotechnologies ces dix dernières années. L’intérêt pour le microbiote a explosé lorsque l’on a constaté un dérèglement du microbiote (dysbiose) dans un certain nombre de maladies. Les travaux de recherche par séquençage (métagénomique) ou par analyse des protéines (protéomique) voire des métabolites (metabolomique) ont cherché à décrire, puis identifier les mécanismes potentiellement impliqués dans les pathologies. Parallèlement à cette démarche ascendante, un axe descendant s’est porté sur la modification thérapeutique du microbiote et l’innovation. L’idée d’intervenir sur le microbiote peut se faire aussi bien dans une perspective de prévention que de thérapeutique. Ce dialogue entre la recherche fondamentale et la recherche thérapeutique à visée appliquée sera au cœur des Journées du Microbiote de Polepharma.

Ce dialogue entre la recherche fondamentale et la recherche thérapeutique à visée appliquée sera au cœur des Journées du Microbiote de Polepharma.

Où en sont les développements actuels ?

L’intérêt pour le microbiote a commencé dans le domaine des maladies inflammatoires chroniques intestinales ou des maladies métaboliques telles que le diabète ou l’obésité, avec un intérêt particulier pour le microbiote intestinal, qui a depuis été mis en question dans une dizaine de maladies. Mais plusieurs axes de recherche clinique sont actuellement abordés. Le premier cible les maladies de l’intestin lui-même : soit les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, soit des formes moins sévères de micro-inflammation comme dans les troubles fonctionnels digestifs, ou encore autour de certaines allergies et intolérances alimentaires. Le second axe de développement, concernant la nutrition, vise à mieux comprendre les liens entre microbiote et obésité mais aussi entre microbiote et dénutrition. De manière intégrée, on étudie en particulier l’implication du microbiote dans la régulation du comportement alimentaire et dans celle du métabolisme énergétique. De multiples autres domaines de la médecine sont aussi concernés par l’étude du microbiote intestinal : certaines maladies rhumatismales ou cutanées inflammatoires, des maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaque), neurodéveloppementales (autisme) ou encore psychiatriques (anxiété, dépression chronique, schizophrénie). Les possibilités de modulation de l’immunité par le microbiote sont également explorées dans d’autres contextes comme l’oncologie. En fait, presque plus aucun champ de la médecine n’échappe à l’intérêt porté au microbiote.

Et de votre côté, comment travaillez-vous sur le sujet ?

Au fil de plus de dix ans de recherche au sein de notre unité de recherche « Nutrition, inflammation et dysfonction de l’axe intestin-cerveau », nous avons montré l’implication de certains facteurs d’origine bactérienne (protéines, immunoglobulines) dans le contrôle de la prise alimentaire et ses dérèglements. La suite logique a été la naissance de la start-up TargEDys (Targeting Eating Dysfunctions) s’appuyant sur les brevets issus du laboratoire. En décembre 2018, nous venons de lancer la commercialisation d’un probiotique qui renforce le mécanisme de la satiété et semble donc intéressant pour le contrôle du poids. TargEDys est le résultat d’un programme d’incubation soutenu par la Région ayant permis à la start-up de préparer des étapes de développement et de valorisation pour rendre possible une levée de fonds significative auprès d’investisseurs.

Existe-t-il d’autres start-ups françaises dans ce domaine ?

Plusieurs autres start-up françaises ayant suscité récemment l’intérêt des investisseurs seront présentes lors des Journées du Microbiote. Certaines sont issues des compétences en métagénomique des équipes de l’INRA à Jouy-en-Josas, dans les Yvelines. Des projets existent également dans l’inflammation intestinale et la maladie de Crohn. D’autres sont axés sur la modulation de la croissance tumorale… En quelques années, ces start-up ont transformé une piste, ou un concept mécanistique qui continue à être décrit, en perspectives d’applications thérapeutiques qui peuvent prendre la forme d’un complément alimentaire, d’un médicament, ou encore de tests de diagnostics, de biomarqueurs utiles pour le développement de la médecine prédictive. C’est un champ très prometteur de Recherche et Développement, qui attire les investisseurs, car des innovations basées sur le microbiote sont un nouveau pan de développement en diagnostic et thérapeutique, en complément des approches de la chimie de synthèse ou des biothérapies.

L’industrie est-elle également partie prenante ?

Les développements s’opèrent dans les deux sens : des structures académiques vers les grands groupes avec la création de start-up ou la négociation d’une licence, mais aussi des grandes firmes pharmaceutiques, disposant de capacités R&D en interne, s’intéressant à un projet académique porteur dans le but d’accélérer les développements. En ce sens, le domaine du microbiote reproduit le modèle de développement que l’on connaît dans la chimie. A différents niveaux, le microbiote va permettre d’étoffer le pipeline actuel de médicaments et celui de demain, à partir de nouveaux actifs et concepts sous la forme de bactéries entières, d’extraits bactériens, de protéines ou de métaboliques bactériens. C’est un domaine vaste et extrêmement évolutif, incluant la dimension d’aliment diététique à des fins médicales spéciales, de nutrition clinique modifiée, ou encore de compléments alimentaires, en plus du cadre traditionnel du médicament. Il y a une sorte de continuum dans les modalités de valorisation des concepts et des applications.

Nous souhaitons que ces journées soient un catalyseur de développement pour aller plus vite et plus loin dans les recherches en France.

Dans ce contexte, quel est le principal enjeu des Journées du Microbiote ?

L’intérêt des Journées du Microbiote est précisément d’aider les académiques et les industriels à se rencontrer, à partager cette dynamique et à trouver de nouvelles synergies et coopérations dans un secteur qui est très compétitif aussi sur le plan international. Notre ambition est de faire de l’événement un catalyseur de développement pour aller plus vite et plus loin dans les recherches actuelles en France. Pour y arriver, nous souhaitons réaliser un brassage des cultures entre les milieux académiques et industriels. L’objectif de ces journées, pour les académiques, étant de bien comprendre le potentiel de valorisation qui peut y avoir dans leur recherche. Et pour les industriels, de faire de la veille et de rencontrer les acteurs. Il faut rappeler que ces démarches de co-développement public privé sont très favorisées en France, au travers notamment de dispositifs comme le crédit impôt recherche (CIR) et les conventions industrielles de formation par la recherche (CIFRE) qui permettent de financer les doctorants sur des projets partagés de R&D public-privé, dont la mobilisation peut être encore accrue.

Un programme co-construit entre académiques et industriels

Le programme des Journées du Microbiote, organisées par Polepharma, a été co-construit entre les académiques et les industriels incluant les start-up, dans les régions d’intérêt du premier bassin européen de production des médicaments, que sont l’Ile-de-France, la Normandie, et le Centre-Val-de-Loire. Parmi les acteurs mobilisés au sein du comité scientifique d’organisation paritaire : Enterome, Nexbiotic, TargEDys, Mayoly-Spindler, … Ces acteurs ont ensemble contribué à bâtir un format original d’événement, entre le congrès académique traditionnel et la convention d’affaires. Les sessions plénières et de symposium traiteront des questions scientifiques de fond (études microbiotiques, apport des omiques, possibilités de modulation) mais aussi industrielles (enjeux réglementaires, applications et modalités de valorisation). L’événement offre un forum pour le partage des connaissances, des rencontres BtoB, ainsi que des opportunités de networking, qui se prolongeront le premier soir au cours d’un diner cocktail.  

Propos recueillis par Marion BASCHET-VERNET 

 

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